Ma vision personnelle du Graffe

Le graffe est une oeuvre d’art.

C’est un rayon de soleil qui carresse une muraille prétenduement inaccessible.

C’est un clin d’oeil malicieux aux passants qui ne le voient pas toujours.

C’est l’arc en ciel permanent dans la ville.

 Souvent je découpe cette toile en de multiples tableaux abstraits qui jouent du subtil accord entre la matière, la couleur et le motif.

Ici le mur fait surgir ses rugosités à travers le film de peinture, là il est lisse et permet à la lumière de miroiter à sa surface.

Le grain de la matière qui accroche la peinture puis la lumière, révèle l’âme de la fresque urbaine.

 Peu importe le lieu, mon oeil capture et mon esprit compose ou recompose à souhait.

Le support est idéal pour offrir une grande liberté de création dans le respect de l’oeuvre.

Le lieu n’est pas secondaire pour autant. Bien choisi, le graffe transcende le paysage urbain.

Il devient un éclair au fugitif éclat ou une zébrure multicolore qui déchire la grisaille du quotidien.

L’artiste inconnu exprime son talent, ensuite tout peut arriver.

Le graffe peut être tagué, lacéré, recouvert par un autre graffe, abimé par des engins ou par les intempéries, il peut disparaître dans une démolition ou une reconstruction.

Le graffe est fragile car il est très exposé.

Pour ces raisons, il est multiple jusqu’à sa disparition.

Il est donc éphémère par essence et n’en a que plus de valeur.

 

Texte de Patrick DESCHAMPS - 01 septembre 1999.  

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